La comparaison est sans nul doute un des vices le plus frappant de notre société. Tout est propice à la comparaison : le prix de la baguette, les dernières performances sportives ou encore l’horaire de travail.

Prenons un employé lambda travaillant officiellement aux 35 heures et un enseignant EPS fixé à 20 heures : ce dernier travaille donc 1,7 fois moins que le premier. Tout bonnement scandaleux ! … quoique, tout dépend sous quel angle nous voyons cela.

Pourquoi donc un tel écart ?

S’il est bien un domaine tortueux et imperméable, c’est bien la loi. Ainsi, trouver un texte de loi légiférant sur nos horaires relève du défi. Il semblerait que tout soit issu du décret n°50-581 du 25 mai 1950 et plus spécifiquement du n° 50-583 pour les enseignants EPS, lui-même étant un complément à celui datant de 1946, lui même… non, décidemment bien trop sinueux et tortueux…

Tentons de faire un récapitulatif de cet imbroglio !

Ce décret fixe à 20 heures nos maximas de service hebdomadaire, dans la mesure où 1 heure en présence d’élève équivaut à 1h30 de préparation chez soi. Par préparation, il faut bien évidemment comprendre préparation de cours, mise à jour des connaissances, recherches éventuelles, temps accordé aux parents etc… mais pourquoi 1 heure élève équivaut donc à 2h30 réel ?

Il faut alors chercher dans les textes relevant du travail et non des fonctionnaires. En 1936 le Front Populaire vote la journée des 8 heures pour 5 jours hebdomadaire soit un total de 40 heures hebdomadaire. Si nous considérons un enseignant à 18 heures (en EPS les heures en sus étant liées à une majoration de notre temps : absence de copies etc…) : 18 X 2h30 = 45 heures… on se rapproche, les 5 heures en plus seraient liées aux vacances supplémentaires ; il faut rattraper ces heures !

N’oublions pas que la loi des 35 heures date des années 99 et que nous sommes passés de 3 à 5 semaines de congé annuel, sans modification pour les  enseignants mais là n’est pas vraiment le centre du débat.

Si vous décidez de continuer vos recherches vous pourrez lire, mais sans preuve de texte de loi, que les trois jours de Toussaint (la demi semaine) est un fait une avance de vacances sur les 3 premiers jours de juillet (le 3 juillet étant officiellement la fin de l’année scolaire). Egalement, vous trouverez que nos 2 mois d’été sont en réalité des congés sans solde ne pouvant donc être considéré comme des « vacances » en soi.

Pour vous faire une idée (et de quoi lire pour une bonne soirée) voici les textes de loi :

Le texte de 1950 (original non modifié) : ici
Le fameux décret n°50-581 du 25 mai 1950 modifié au fur et à mesure des évolutions de la loi : ici
Le même, mais pour les enseignants EPS (décret n°50-583) : ici

La loi, certes … mais en réalité ?

La loi est une chose mais la réalité en est une autre. Une étude a été commandité par l’éducation nationale en personne. Celle-ci est récente puisqu’elle date de 2002. Il en ressort que les enseignants exercent, en moyenne, 40 heures semaine dont 20 heures hors enseignement. Les enseignants de lettres étant au plus haut (43h) et les matières comme l’EPS, éducation musicale et arts étant au plus bas (35h30)

Pour plus d’infos voici le lien permettant de vous faire votre propre opinion : ici

Voici donc un éclairage sur nos heures avec texte de loi à l’appui. Toutefois certains éléments restent incompréhensible et la non clarté des références empêche de savoir exactement les tenants et les aboutissants de ces « on-dit ».

Il m’a été impossible, entre autre, de trouver la justification des 2 mois de vacances, des 3 jours de juillet et de ce ratio 1h élève pour 1h30 maison. Ainsi de mauvaises interprétations se sont peut-être glissées et veuillez m’en excuser.

Charly777

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