Pour ce numéro excpetionnel du P’EPS MAG des 4 ans de la P’EPS TEAM, nous avons également Didier Delignières (alias DD sur la P’EPS TEAM) qui réponds à quelques questions…
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Alex12 : Alors tout d’abord, depuis combien de temps êtes-vous sur la P’EPS TEAM ? Et comment l’avez-vous découverte ?
DD : Cela doit faire trois ans. J’ai découvert la PEPS TEAM par hasard, en musardant sur le net, avec des mots clés comme EPS, CAPEPS, ou Jean-Pierre Famose…

Sur la P’EPS TEAM, quel internaute êtes-vous aujourd’hui ?
Pas toujours très assidu. Je vais faire un tour une fois par semaine, je regarde les nouveaux messages et je vais sur le forum préparation aux concours. J’aime bien voir les docs, notamment les résumés de cours d’articles ou de bouquin. Je suis toujours surpris de voir ce que l’on retient d’une source toujours mille fois plus dense que le résumé que l’on en fait.

Comment considérez vous cette nouvelle forme de communication ? Et comment la percevez-vous dans l’avenir, car pas mal d’étudiants de Montpelliers ont dit sur le forum que vous leur conseilliez le forum dès la journée de pré-rentrée ?
C’est vrai que je conseille à mes étudiants de fréquenter la PEPS TEAM. Ils ne sont pas très nombreux à le faire, je trouve. Je pense qu’Internet ouvre des possibilités superbes. Non seulement pour rechercher des informations, mais surtout pour échanger. Je crois à cette valeur de partage qui est un leitmotiv sur le forum. C’est pourquoi j’ai construit mon site perso. Voici quelques années, avec quelques amis comme Pascal Duret ou André Lapierre, je pense que si nous en avions eu la possibilité nous aurions monté ce type de truc. Nous avons dû à l’époque nous contenter de revues alternatives ou de préparations aux concours.

Pensez-vous qu’il faille remédier à une refondation de la formation IUFM? et à une reconstruction des épreuves du CAPEPS?
Je ne suis pas très satisfait du CAPEPS, tel qu’il existe actuellement. Les candidats sont complètement bloqués par l’image de la « copie attendue », ou de « l’exposé conforme ». Il ne développent aucun esprit critique et espèrent simplement « passer au travers » avec une prestation moyenne.
La formation à l’IUFM est inexistante. Ce n’est pas la faute des enseignants : ils courent sans cesse après le temps pendant l’année de PLC1 et ne peuvent guère qu’organiser un bachotage massif. Par contre on peut faire de chouettes choses en PLC2. Mais je ne suis pas persuadé que les stagiaires n’aient pas surtout envie de laisser doucement couler, souvent après une ou deux (ou plus) années de course après le CAPEPS.
Personnellement je travaille surtout à l’UFR STAPS. J’essaie de favoriser des enseignements en Licence qui puissent mieux armer les étudiants qui passeront ensuite à l’IUFM. Mais il est très difficile de faire évoluer les habitudes des uns et des autres.

Quels projets vous tiennent tout particulièrement à coeur en ce moment?
J’ai toujours une activité de recherche importante. Nous travaillons actuellement sur des problématiques un peu abstraites, qui touchent à la variabilité du comportement moteur, vue sous l’angle de la théorie du Chaos et des processus fractals. C’est encore un peu ésotérique, mais j’espère que dans quelques années je pourrai expliquer sur la PEPSTEAM en quoi cela peut être utile pour comprendre le monde, la motricité, et le processus éducatif. J’aimerais pouvoir avancer là-dessus sans qu’on me mettre trop la pression. A part ça, quelques projets trop personnels pour que je les étale sur la voie publique. Je laisse ça à notre omniprésident.

Parlez-nous maintenant de votre parcours d’enseignant. Quel enseignant d’EPS étiez-vous?
J’ai enseigné pendant une dizaine d’année en banlieue parisienne. J’étais jeune, dans une équipe dynamique, entouré d’autres équipes dynamiques. Tout ce que l’on peut souhaiter pour commencer. Nous avons essayé de mener beaucoup de projets : stages, interclasses, options. Nous avons aussi beaucoup bossé sur l’évaluation.

Quel(s) sport(s) pratiquez-vous en dehors ?
L’escalade, depuis pas mal d’années. Mais je trouve au fil des ans que la verticale est de plus en plus verticale, et la gravité de plus en plus grave.
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Sortons du cadre sportif et parlez nous de vos autres passions.
La musique, les voyages, la politique et l’avancée du monde.

Maintenant pouvons-nous savoir quel style de musique écoutez-vous ? Et quels sont vos chanteurs, chanteuses ou groupes préférés ?
Je suis très chanson française. Brassens (j’en parlerai plus tard), Souchon, Gainsbourg, Jonasz,
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Et le syndrome Tecktonik vous a-t-il atteint  ? :grin:
Absolument pas. J’ai vu, bien sûr, et je trouve ça très impressionnant. Mais en EPS, je suis profondément culturaliste. Avant qu’une pratique m’intéresse réellement, il faut qu’elle se soit un peu stabilisée dans son expression sociale. Alors je vais attendre quelles années pour donner un avis sur la Teckmachinchose. Ce n’est pas parce qu’une gesticulation est riche (et c’est le cas de la Tecktonik) qu’elle présente nécessairement un quelconque intérêt éducatif. Du moins du point de vue de l’EPS que je défends depuis quelques années.

Allez, on part vers un petit portrait chinois :
Si vous étiez un sportif de haut niveau (passé ou présent), lequel seriez-vous et pourquoi ?
Patrick Bérault. Il a touché à beaucoup de choses (escalade, danse, alpinisme), toujours avec originalité et sans soumission à aucune norme. Il nous manque beaucoup.
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Si vous étiez un animal, lequel seriez-vous et pourquoi ?
Le crapaud. A cause de la fable de la princesse et du crapaud.
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Si vous étiez une ville, laquelle seriez-vous et pourquoi ?
Venise, parce que c’est évident.
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Quelle est la personne qui vous a le plus marqué dans votre vie? (tant au niveau sportif, spectacle, famille,…)
Georges Brassens. Pour sa musique, pour le sens qu’il donne à la vie. Réécoutez « Les oiseaux de passage », « Pénélope », « le Père Noël et la petite fille »….
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Et au niveau de l’EPS, quel personne vous a le plus marqué?
Maurice Portes, Jean Vivès, et Jacques de Rette. Au risque de me fâcher avec tous les autres ?

Comment voyez-vous la P’EPS TEAM dans le futur ?
Je pense que le forum pourrait devenir une sorte d’université interactive, qui pourrait petit à petit être aussi importante pour un étudiant que l’université réelle dans laquelle il est inscrit. Je crois qu’un travail interactif, par exemple pour convaincre un interlocuteur à l’autre bout de l’hexagone de tel ou tel point de vue, est plus formateur que nombre de cours magistraux dispensés dans nos amphis. Mais il faut sans doute accompagner cette évolution par un cadre plus incitatif.

Voulez-vous rajouter quelque chose à cette entrevue ?
Je pense que lorsque je relirai tout cela je regretterai d’avoir accepté cette interview.
Meilleurs vœux à tous, quand même.

Mais non, mais non, il ne faut jamais regretter une belle interview pour la P’EPS TEAM!!!!! :grin:
Dans tous les cas, nous, nous ne regrettons rien. :D

Merci beaucoup pour ce joli entretien et bonne année également à vous et à vos proches.

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